Vous ne pouvez pas être plus nulle que moi
Ce matin j’ai RDV chez le dentiste. J’arrive pile à l’heure au moment où une dame légèrement voûtée sort de l’immeuble. Elle regarde ses pieds, ne me voit pas et laisse la porte se refermer avant que je réussisse à l’attraper.
Pour moi franchement ça ne pose aucun problème, il me suffit de sonner pour déclencher l’ouverture de la lourde porte. Mais pour cette dame ça semble être une catastrophe :
— Oh je suis désolée je ne vous ai pas tenu la porte, je suis vraiment nulle
— ne vous en faites pas, c’est rien du tout
— oh si si vous savez c’est à l’image de ma vie, j’ai toujours été nulle, je rate tout
— je suis sûre que ça n’est pas le cas je…
— si si je vous assure, vous ne trouverez pas plus nulle que moi. C’est la pure vérité, vous ne pouvez pas être plus nulle que moi !
— mais…
La voilà partie comme ça avant que je ne réussisse à la retenir, le dos voûté, le regard bas. Je reste un instant immobile stupefaite de ces confidences faites là devant ce pas de porte, dans cette rue bruyante et passante. J’essaie de la rattraper mais elle est déjà loin. Voyant peu je ne la retrouve pas.
J’arrive donc en retard chez mon dentiste préféré à qui je raconte toute l’histoire. Il connaît cette charmante dame, c’est sa voisine. Il m’apprend qu’elle dit à qui veut bien l’écouter combien elle a raté sa vie.
Je suis émue du témoignage de cette inconnue. Je ne sais pas pourquoi elle se livre comme ça sans retenue.
Et évidemment ça m’interroge. Comment peut on à ce point se trouver nulle ? J’en connais qui se le disent de temps en temps mais à force de se le répéter continuellement c’est sûr on finit par en être persuadé.
Évidemment je suis certaine qu’elle n’est pas nulle. C’est une croyance qu’elle s’est forgée au fil de toutes ces années.
Et ça résonne en moi car ça aurait pu m’arriver.
L’impact du dialogue intérieur sur l’estime de soi
Un jour que je vidais le lave vaisselle j’ai cassé un verre. Je me rappelle avoir râlé haut et fort et avoir dit : « non mais c’est pas possible d’être aussi nulle ! ».
Alors mon fils, qui devait à l’époque avoir 4 ou 5 ans et qui savourait ses céréales matinales, a immédiatement réagi : « mais pourquoi tu dis ça maman ? T’es pas nulle ! Et tu me dis que quand je fais une bêtise c’est pas grave alors là c’est pareil, c’est pas grave ».
J’ai souri, lui ai fait un câlin d’amour et ai sorti l’aspirateur. Merci mon grand, tu m’as ce jour là fait prendre conscience de l’importance de notre dialogue intérieur. Du rôle des phrases qu’on se murmure et qui finissent par nous pourrir la vie.
Il est probable que cette dame n’ait pas eu la chance d’avoir un petit bout comme toi ou un environnement valorisant pour l’aider à supprimer ses pensées automatiques.
Reprendre le contrôle de sa vie c’est reprendre le pouvoir sur ses pensées
Se croire nul rend triste. Et ça empêche d’avancer.
Et évidemment petit à petit on sabote l’estime de soi et la confiance en soi s’en ressent.
Car voilà, se construire une meilleure vie implique d’apprendre tous les jours. Et il est très difficile pour notre cerveau d’apprendre quand on est persuadé qu’on ne va pas y arriver. Se sentir nul, se répéter quotidiennement qu’on est nul bloque en quelques sortes nos possibilités d’apprentissage. C’est l’auto sabotage.
Apprendre efficacement et du coup progresser implique que l’on croit être capable de réussir. C’est à cette condition que notre cerveau se met en action. En croyant que c’est perdu d’avance on se condamne à davantage échouer. Le cerveau active alors moins bien ses neurones, en quelque sorte il abandonne avant d’avoir essayé. Et on échoue plus facilement.
Et plus on échoue plus on se sent nul. Tu le vois arriver le cercle vicieux ?
La bonne, l’excellente, l’incroyable nouvelle c’est qu’on peut apprendre à identifier les pensées limitantes qui bloqueraient nos progrès. Et ainsi permettre à notre cerveau de créer et renforcer les nouvelles connexions neuronales nécessaires aux développement de nouvelles compétences. En prendre conscience est une des 1ère clé pour enfin arrêter de stagner.
Et vous vous les avez identifiées vos petites phrases automatiques ? Celles qui sabotent votre réussite ? Et qui l’air de rien vous empêchent d’avancer ?